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Suite des histoires thérapeutiques fréquemment utilisées en hypnose et en PNL...

 

Toutes ces belles histoires sont délibérément dans le désordre. Lisez, picorez, servez-vous, elles sont en libre service, faites-vous plaisir!

 

LES 2 JARRES

 

Un porteur d'eau indien avait deux grandes jarres, suspendues aux 2 extrémités d'une pièce de bois qui épousait la forme de ses épaules.
L'une des jarres avait un éclat et, alors que l'autre jarre conservait parfaitement toute son eau de source jusqu'à la maison du maître, l'autre jarre perdait presque la moitié de sa précieuse cargaison en cours de route.
Cela dura 2 ans, pendant lesquels, chaque jour, le porteur d'eau ne livrait qu'une jarre et demi d'eau à chacun de ses voyages.

Bien sûr, la jarre parfaite était fière d'elle, puisqu'elle parvenait à remplir sa fonction du début à la fin sans faille.
Mais la jarre abîmée avait honte de son imperfection et se sentait déprimée parce qu'elle ne parvenait à accomplir que la moitié de ce dont elle était censée être capable.
Au bout de 2 ans de ce qu'elle considérait comme un échec permanent, la jarre endommagée s'adressa au porteur d'eau, au moment où celui-ci la remplissait à la source.

"Je me sens coupable, et je te prie de m'excuser."

"Pourquoi ?" demanda le porteur d'eau. "De quoi as-tu honte ?"

"Je n'ai réussi qu'à porter la moitié de ma cargaison d'eau à notre maître, pendant ces 2 ans, à cause de cet éclat qui fait fuir l'eau. Par ma faute, tu fais tous ces efforts, et, à la fin, tu ne livres à notre maître que la moitié de l'eau. Tu n'obtiens pas la reconnaissance complète de tes efforts", lui dit la jarre abîmée.

Le porteur d'eau fut touché par cette confession et, plein de compassion, répondit: "Pendant que nous retournons à la maison du maître, je veux que tu regardes les fleurs magnifiques qu'il y a au bord du chemin".

Au fur et à mesure de leur montée sur le chemin, au long de la colline, la vieille jarre vit de magnifiques fleurs baignées de soleil sur les bords du chemin, et cela lui mit du baume au coeur. Mais à la fin du parcours, elle se sentait toujours aussi mal parce qu'elle avait encore perdu la moitié de son eau.

Le porteur d'eau dit à la jarre : "T'es-tu rendu compte qu'il n'y avait de belles fleurs que de TON côté, et presque aucune du côté de la jarre parfaite ? C'est parce que j'ai toujours su que tu perdais de l'eau, et j'en ai tiré parti.

J'ai planté des semences de fleurs de ton coté du chemin et, chaque jour, tu les as arrosées tout au long du chemin. Pendant 2 ans, j'ai pu grâce à toi cueillir de magnifiques fleurs qui ont décoré la table du maître. Sans toi, jamais je n'aurais pu trouver des fleurs aussi fraîches et gracieuses."

 

MON AVIS : Faulkner disait : "La souffrance est un trou. Et la lumière vient de ce trou". Cette citation, comme ce petit conte, a un immense mérite : elle nous aide à reconsidérer nos faiblesses et nous fait dire, après tout, que ce sont peut-être ces dernières qui donnent le terreau nous permettant d'ensemencer nos richesses. Et toi, comment vois-tu tes faiblesses ? Ne t'ont-elles jamais vraiment permis de créer ce qui fait aujourd'hui tes forces ?

 

Les deux loups

 

Un vieil homme veut apprendre à son petit-fils ce qu'est la vie.

"En chacun de nous, il y a un combat intérieur" dit-il au jeune garçon. "C'est un combat jusqu'à la mort et il se tient entre deux loups."

"Le premier est ténébreux. Il est la colère, l'envie, le chagrin, le regret, l'avidité, l'arrogance, l'apitoiement sur soi-même, la culpabilité, le ressentiment, l'infériorité, la supériorité, les mensonges, la fausse fierté et l'égo."

"Le second est lumineux. Il est la joie, la paix, l'amour, l'espoir, la sérénité, l'humilité, la gentillesse, la bienveillance, l'empathie, la générosité, la vérité, la compassion et la foi."

Le petit-fils réfléchit pendant un long moment. Puis, il demande à son grand-père : "Quel est le loup qui gagne ?"

Le vieil homme sourit et lui répond : "Celui que tu nourris."

 

Conte traditionnel Cherokee

 

MON AVIS : Et vous, quelle nourriture donnez-vous à votre gentil loup ? Personnellement, je ne passe pas une journée sans auparavant noter, juste avant de dormir, un petit quelque chose qui m'a donné la foi (un sourire, un compliment, un bon repas, une conversation partagée etc.) ! Une voiture a besoin d'essence pour avancer, un homme a besoin de carburant pour faire de même et évoluer. Et toi, quel est ton carburant ?

 

Si cette réflexion vous touche, allez immédiatement acheter Les 5 langages de l'amour de Gary Chapman (cliquez ici!).

 

L'homme qui aimait les étoiles de mer

 

Un de nos amis marchait sur une plage mexicaine déserte, au coucher du soleil. Peu à peu, il commença à distinguer la silhouette d'un autre homme dans le lointain. Quand il fut plus près, il remarqua que l'homme, un indigène du pays, ne cessait de se pencher pour ramasser quelque chose qu'il jetait aussitôt à l'eau. Maintes et maintes fois, inlassablement, il lançait des choses à tour de bras dans l'océan.

En s'approchant encore davantage, notre ami remarqua que l'homme ramassait les étoiles de mer que la marée avait rejetées sur la plage et, une par une, les relançait dans l'eau.

Notre ami était intrigué. Il aborda l'homme et lui dit : "Bonsoir, mon ami. Je me demandais ce que vous étiez en train de faire."

"Je rejette les étoiles de mer dans l'océan. C'est la marée basse, voyez-vous, et toutes ces étoiles de mer ont échoué sur la plage. Si je ne les rejette pas à la mer, elles vont mourir du manque d'oxygène."

"Je comprends, répliqua notre ami, mais il doit y avoir des milliers d'étoiles de mer sur cette plage. Vous ne pourrez pas toutes les sauver. Il y en a tout simplement trop. Et vous ne vous rendez pas compte que le même phénomène se produit probablement à l'instant même sur des centaines de plages tout le long de la côte ? Vous ne voyez pas que vous ne pouvez rien y changer ?"

L'indigène sourit, se pencha et ramassa une autre étoile de mer. En la rejetant à la mer, il répondit : "Ça change tout pour celle-là !"

 

Une vision sans action demeure un rêve.
Une action sans vision équivaut à passer le temps.
Une vision avec action peut changer le monde.

 

Conte et message de Loren EISELEY, philosophe et naturaliste en littérature. Sources : You Man, E.T

 

MON AVIS : Très souvent, en thérapie, j'entends de jeunes patients me dire qu'ils sont inutiles, qu'ils ne servent à rien... et que le monde ne demande qu'à tourner sans eux. J'ai à coeur de leur rappeler qu'une toute petite chose infinitésimale suffit parfois pour faire bouger les choses. Longtemps après, j'ai su qu'un de mes sourires, une de mes remarques, en apparence anodine, avait été le déclic positif pour aider quelqu'un à évoluer et avancer sur son Sentier de vie. Ces mots, ces gestes étaient pour moi tout ce qu'il y a de plus banals. Et pourtant. Il en est de même pour toi. Tu ne sais pas ce que tu sèmes dans le coeur et l'esprit des gens... alors dis-toi qu'un de tes sourires, celui que tu oseras faire dans la journée, sera peut-être le rayon de soleil d'une personne qui avait justement besoin de cela - et uniquement que de cela - pour rebasculer du bon côté ! T'en rends-tu compte ? Tu détiens par un sourire ou une jolie attention le pouvoir de toute une vie...

 

 

Impossible, un mot qui crée sa propre réalité

"Laissez-moi vous parler des rats que j'ai pu observer dans un laboratoire de recherche l’année dernière. J'ai été le PDG d'une entreprise qui fabriquait des équipements à haute fréquence pour les nuisibles, et dans le cadre de mes recherches, j'ai eu l'occasion de visiter certains laboratoires d’expérimentation animale.

Je cherchais un laboratoire pour faire quelques tests sur l'audition et les comportements des rongeurs, et je voulais ce qu’il y avait de meilleur. A cette époque, le Stanford Research International (SRI) de Menlo Park était l'un des laboratoires les plus coté de la côte Ouest.

Le gars qui m'a guidé à travers les laboratoires était un scientifique, et nous avons eu une après-midi fascinante. J'ai vu mon souffle faire éclore un million d'œufs de puces à travers la pièce du laboratoire. Mais c'est une autre histoire. Je voulais vous parler de ce que j'ai appris sur les rats.

En traversant certaines pièces vides, j'ai remarqué une pile de cages en acier brillant près de la porte. "Est-ce de nouvelles cages pour les rongeurs ?" Demandais-je.
 "Non, ces cages sont en attente de recyclage. Elles seront fondues pour réutiliser l’acier. Elles ne sont pas en bon état".  Pour moi, elles étaient flambant neuves.

"Quel est le problème avec ces cages ?" Demandais-je. "Viens voir" m’a-t-il dit.  Il a ouvert l'une des cages et m’a montré un endroit près du coin arrière. Un endroit qui semblait un peu plus poli que le reste de la cage. «Regardez-ça." a-t-il dit. Il a poussé son doigt à travers la paroi de la cage d'acier, et il l’a traversé comme si c’était une feuille d'étain !

Puis il a expliqué : "Vous voyez, les rats ne savent pas que c'est impossible pour eux de sortir de ces cages d'acier. Donc dès que nous les avons mis dans les cages, ils vont vers l'angle arrière et commencent à ronger." "C'est ridicule." ai-je dit. « L'acier est plus dur que des dents de rat ».

"Oui, mais les rats ne savent pas cela. Alors, ils rongent le coin arrière avec leurs dents pointées vers le bas. Et leurs dents continuent de croître tout au long de leur vie de rat. Et ils continuent à ronger, jour après jour, semaine après semaine, usant progressivement leurs dents, mais aussi en enlevant quelques molécules d'acier. «Quand un rat meurt, il est remplacé, et le nouveau rat va dans le même coin et commence à ronger là où l'autre rat s’était arrêté. Après quelques années, les cages sont toutes comme cela. Nous devons les jeter."

Il a ouvert une autre cage et m’a invité à toucher du doigt la tâche à l'angle arrière, et j'ai aussi trouvé l'endroit poli et fait passer mon doigt à travers la paroi. "Nous avons un instrument qui mesure l'épaisseur de la paroi de la cage, et quand ils arrivent presque à la percer nous les mettons hors d’usage".  Des piles de cages en acier brillant avaient été détruites par les rats.

J'ai beaucoup réfléchi à ces rats de laboratoire au cours des années depuis que j'ai visité l'ISR. J'ai pensé à la foi aveugle qu’ils avaient dû avoir pour qu'ils puissent ronger jusqu’à leur sortie ces cages d'acier. Jour après jour, rat après rat. Jusqu'à ce que finalement l'acier cède sous l’action persistante des dents de rat. Les rats ne savaient pas que c'était impossible. Ils ont juste continué à utiliser les outils à leurs disposition - leurs dents - jusqu'à ce qu'ils puissent vaincre le laboratoire de recherche le plus sophistiqué de la côte Ouest. Et ce n’était que des rats. Mais ils n'ont jamais cédé, jamais abandonné. Ils ont juste continué à travailler sur l'impossible jusqu'à ce que le trou dans l’acier devienne inévitable.

Si un rat peut le faire, que pouvons-nous accomplir si nous décidons de repenser nos croyances à propos de ce qui est impossible ?
Je vous invite à réfléchir sur ce que vous pourriez avoir rejeté - trop tôt - comme impossible.
Peut-être pouvez-vous aussi transformer l'impossible en inévitable. Vous ne voulez pas laisser un rat faire mieux que vous ?
 
Source : Hoobyar nlpco repris sur le site www.institut-repere.com

 

 

Comment sont les gens ?

Il était une fois un vieil homme assis à l’entrée d’une ville du Moyen-Orient.

Un jeune homme s’approcha et lui dit :

- Je ne suis jamais venu ici ; comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?

Le vieil homme lui répondit par une question :
- Comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ?
- Egoïstes et méchants. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’étais bien content de partir, dit le jeune homme.

Le vieillard répondit :
- Tu trouveras les mêmes gens ici.

Un peu plus tard, un autre jeune homme s’approcha et lui posa exactement la même question.
- Je viens d’arriver dans la région. Comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?

Le vieil homme répondit de même :
- Dis-moi, mon garçon, comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ?
- Ils étaient bons et accueillants, honnêtes, j’y avais de bons amis, j’ai eu beaucoup de mal à la quitter, répondit le jeune homme.
- Tu trouveras les mêmes ici, répondit le vieil homme.

Un marchand qui faisait boire ses chameaux non loin de là avait entendu les deux conversations. Dès que le deuxième jeune homme se fut éloigné, il s’adressa au vieillard sur un ton de reproche :
- Comment peux-tu donner deux réponses différentes à la même question posée par deux personnes ?
- Celui qui ouvre son cœur change aussi son regard sur les autres, répondit le vieillard. Chacun porte son univers dans son cœur.

 

MON AVIS : Ce conte apparait déjà à la première page du site et je ne m'en suis rendu compte qu'après coup ! Peu importe puisqu'il me permet un autre commentaire que voici : ce conte illustre à merveille la politique du verre à moitié vide ou à moitié plein. Louis XIV disait : "On ne fait jamais rien de grand, de beau, d'unique, de rare... qu'en y pensant plus souvent et mieux que les autres". Autrement dit, le bonheur, avant de le vivre, se prépare. Et toi, quel est ton état d'esprit quand tu es face à quelque chose d'inconnu ? Te prépares-tu au pire ou au meilleur ?

 

Le guerrier colérique

« Il était une fois, près de Tokyo vivait un grand samouraï, déjà âgé, qui se consacrait désormais à enseigner la philosophie zen aux jeunes. Malgré son âge, on murmurait qu’il était encore capable d’affronter n’importe quel adversaire.
Un jour, arriva un guerrier réputé pour son manque total de scrupules. Il était célèbre pour sa technique de provocation : il attendait que son adversaire fasse le premier mouvement et, doué d’une intelligence rare pour profiter des erreurs commises, il contre-attaquait avec la rapidité de l’éclair.
Ce jeune et impatient guerrier n’avait jamais perdu un combat. Comme il connaissait la réputation du samouraï, il était venu pour le vaincre et accroître sa gloire.
Tous les étudiants étaient opposés à cette idée, mais le vieux Maître accepta le défi.
Ils se réunirent tous sur une place de la ville et le jeune guerrier commença à insulter le vieux Maître. Il lui lança des pierres, lui cracha au visage, cria toutes les offenses connues - y compris à ses ancêtres.
Pendant des heures, il fit tout pour le provoquer, mais le vieux resta impassible. A la tombée de la nuit, se sentant épuisé et humilié, l’impétueux guerrier se retira.
Dépités d’avoir vu le Maître accepter autant d’insultes et de provocations, les élèves questionnèrent le Maître :
- Comment avez-vous pu supporter une telle indignité ? Pourquoi ne vous êtes-vous pas servi de votre épée, même sachant que vous alliez perdre le combat, au lieu d’exhiber votre lâcheté devant nous tous ?
- Si quelqu’un vous tend un cadeau et que vous ne l’acceptez pas, à qui appartient le cadeau ? demanda le samouraï.
- A celui qui a essayé de le donner, répondit un des disciples.
- Cela vaut aussi pour l’envie, la rage et les insultes, dit le Maître. Lorsqu’elles ne sont pas acceptées, elles appartiennent toujours à celui qui les porte dans son cœur. »

 

MON AVIS : Tout est dit dans la dernière phrase, non ? Elle te fait poser à ton tour une bonne question : quel est ton rapport aux critiques (injustes) que l'on te fait ? T'en sers-tu pour grandir ou te laisses-tu complètement vampiriser par elles ?

 

Sollicitation paradoxale

Alors qu’il avait 7 ans, le petit Erickson, celui-là même qui allait devenir le fondateur de l'hypnose ericksonienne, regardait son père qui essayait de faire rentrer un veau dans une étable. Le père tirait fort sur la corde mais le veau se cabrait et refusait d’y aller. Le petit Erickson éclata de rire et se moqua de son père. Le père lui dit : « Fais mieux, si tu te crois si malin ».
Alors le petit Erickson eut l’idée, plutôt que de tirer sur la corde, de faire le tour du veau et de tirer sur sa queue. Aussitôt, par réaction, le veau poussa en avant et entra dans l’étable.
Quarante ans plus tard, cet enfant inventait « l’hypnose ericksonienne », une manière d’utiliser la sollicitation douce et la sollicitation paradoxale afin d’amener les patients à mieux se porter. De même, on peut vérifier quand on est parent que si son enfant tient sa chambre désordonnée et qu’on lui demande de la ranger, il refusera. En revanche, si on aggrave encore le désordre en apportant plus de jouets et encore des vêtements et si on les jette n’importe où, l’enfant dira :  "Arrête papa, ce n’est plus supportable, il faut ranger".
Si on considère l’Histoire, « la sollicitation paradoxale » est utilisée consciemment ou inconsciemment en permanence. Il a fallu les deux guerres mondiales et des millions de morts pour inventer la SDN puis l’ONU. Il a fallu les excès des tyrans pour inventer les Droits de l’homme. Il a fallu Tchernobyl pour prendre conscience des dangers des centrales atomiques mal sécurisées.

Source : Encyclopédie du savoir relatif et absolu de Bernard Werber (cliquez ici!)

 

MON AVIS : Cette petite anecdote, selon moi, est capitale. Elle montre à quel point il peut être nécessaire de tomber pour se relever plus fort. Il a par exemple fallu à certaines personnes tomber en dépression pour complètement repenser leurs croyances limitantes et devenir ensuite plus performantes et plus heureuses. Il a également fallu à d'autres perdre leur emploi pour en trouver un autre plus épanouissant etc. Je ne vous souhaite bien évidemment pas le pire, mais ayez en tête que ce "pire", s'il vous arrive, sera peut-être le terreau fertile de votre bonheur de demain !

 

Le casseur de pierres

En se rendant à Chartres, l'écrivain Charles Péguy aperçoit sur le bord de la route un homme qui casse des cailloux à grands coups de maillet. Les gestes de l’homme sont empreints de rage, sa mine est sombre. Intrigué, Péguy s’arrête et demande :

– Que faites-vous, Monsieur ?

– Vous voyez bien, lui répond l’homme, je casse des pierres.

 

Malheureux, le pauvre homme ajoute d’un ton amer : « J’ai mal au dos, j’ai soif, j’ai faim. Je n’ai trouvé que ce travail pénible et stupide ».

 

Un peu plus loin sur le chemin, notre voyageur aperçoit un autre homme qui casse lui aussi des cailloux. Mais son attitude semble un peu différente.  Son visage est plus serein et ses gestes plus harmonieux.

 

– Que faites-vous, Monsieur ?, questionne une nouvelle fois Péguy.

– Je suis casseur de pierre. C’est un travail dur, vous savez, mais il me permet de nourrir ma femme et mes enfants.

Reprenant son souffle, il esquisse un léger sourire et ajoute : « Et puis, allons bon, je suis au grand air, il y a sans doute des situations pire que la mienne ».

Plus loin, notre homme, rencontre un troisième casseur de pierre. Son attitude est totalement différente. Il affiche un franc sourire et il abat sa masse, avec enthousiasme, sur le tas de pierre. Pareille ardeur est belle à voir !

- Que faites-vous ?, demande Péguy

- Moi, répond l’homme, je bâtis une cathédrale !

 

MON AVIS : Le psychanalyste Guy Corneau dans son livre « Victime des autres, bourreau de soi-même »  apporte son analyse au récit des tailleurs de pierre conté par Péguy.  Selon lui, le troisième casseur de pierres participe à une œuvre commune sublime. Il est conscient de l’utilité de son action et il est heureux. Corneau, dans son commentaire, nous invite à noter que l’ouvrier qui bâtit une cathédrale nourrit sa famille, lui aussi, et sans doute que, bien souvent, il sue et plie sous le poids de la tâche. Pourtant, son regard sur lui-même et sur sa participation à l’univers fait toute la différence. Quelque chose d’aussi intangible qu’une autre façon de voir les choses devient source de bonheur, bien plus efficacement que la récompense matérielle qui se trouve attachée au travail exécuté. Votre action est utile, potentiellement, elle permet aux autres de se diriger vers le bonheur. Nous pourrions aller jusqu’à dire que, pour chacun de nous, le plus important consiste à entrer en contact et à exhaler la joie d’être car cette joie simple stimule chez les autres le goût du bonheur.

 

L'expérience de Joshua Bell

Le 12 janvier 2007, Joshua Bell a participé à une expérience menée par The Washington Post à une heure de pointe le matin dans le hall d'une station de métro à Washington. Cet événement a été organisé par le journal dans le cadre d'une expérience de psychologie comportementale sur la perception, les goûts et les priorités.

Joshua Bell a ainsi joué trois quarts d'heure et a pu récolter 32 dollars (pour un total de sept personnes seulement qui se sont arrêtées un instant pour l'écouter jouer, et sans compter les 20 dollars laissés par l'unique personne l'ayant reconnu).

Le point-clé de cette expérience apparut lorsqu'il eut fini de jouer. En effet, il n'y eut aucune réaction, aucun applaudissement. Une seule personne l'avait reconnu. Personne ne savait que ce violoniste était célèbre et qu'il venait de jouer sur un Stradivarius célèbre de 1713, le Gibson ex-Huberman, acheté par le violoniste quelques années auparavant 3,5 millions de dollars, ni que deux jours auparavant, il avait joué au théâtre de Boston à guichet fermé pour des spectateurs qui avaient payé leur place jusqu'à 100 dollars.

La conclusion du journaliste revient à se demander : « Dans un environnement ordinaire, à une heure inappropriée, sommes-nous capables de percevoir la beauté, de nous arrêter pour l'apprécier, de reconnaître le talent dans un contexte inattendu ? » Cette expérience et surtout l'article qui fut publié valurent à son auteur, le journaliste Gene Weingarten, un Prix Pulitzer en 2008.

MON AVIS : Cette jolie expérience devrait rassurer celles et ceux qui manquent de confiance en eux. Vous rendez-vous compte ? L'un des plus grands violonistes de sa génération se fait l'équivalent de l'homme invisible dans le métro avec son violon, là où le soir-même il sera bissé et applaudi dans une salle de concert en délire ! La question vaut également pour toi. T'es-tu crée le bon entourage, les bons lieux, les bons moments  pour que l'on puisse voir ta beauté ? T'es-tu donné le mal nécessaire pour rencontrer les bonnes personnes qui sauront faire fructifier tes talents ?

 

 

La belladone

Le disciple dit à son maître : « J’ai passé une grande partie de la journée à penser à des choses auxquelles je ne devrais pas penser, à désirer des choses que je ne devrais pas désirer, à caresser des projets que je ne devrais pas caresser. » Le maître proposa à son disciple une promenade dans la forêt derrière chez lui. En chemin, il lui désigna du doigt une plante et lui demanda s’il en connaissait le nom. «La belladone, répondit le disciple. Elle peut tuer celui qui en mange les feuilles. — Mais elle ne peut pas tuer celui qui se contente de l’observer, répliqua le maître. De même, les désirs négatifs ne peuvent vous causer aucun mal si vous ne vous laissez pas séduire par eux. »

 

MON AVIS : voilà enfin un beau petit texte déculpabilisant ! Broyer des pensées plus ou moins avouables n'est pas grave en soi... à condition, bien sûr, que tu ne te complaises pas là-dedans !

 

L'oracle de Crésus

Crésus, roi de Lydie, avait pris la décision d’attaquer les Perses, mais il voulut auparavant consulter un oracle grec.

« Votre destin est de détruire un grand empire », lui annonça ce dernier.

Satisfait, Crésus déclara la guerre. Après deux jours de combats, la Lydie fut envahie par les Perses, sa capitale saccagée, et Crésus fait prisonnier. Révolté, il chargea son ambassadeur en Grèce de retourner voir l’oracle pour lui dire qu’il les avait trompés

«Non, vous n’avez pas été trompés, répliqua celui-ci. Vous avez effectivement détruit un grand empire : la Lydie. »

Le maître dit :

«Le langage des signes est là pour nous enseigner la meilleure manière d’agir. Mais, très souvent, nous en déformons le sens pour qu’ils concordent avec ce que nous avons l’intention de faire. »

 

“L’Arbre et la graine” – Benoît Marchon

 

Quelqu’un meurt, et c’est comme des pas qui s’arrêtent.
Mais si c’était un départ pour un nouveau voyage ?

Quelqu’un meurt, et c’est comme un arbre qui tombe.
Mais si c’était une graine germant dans une terre nouvelle ?

Quelqu’un meurt, et c’est comme une porte qui claque.
Mais si c’était un passage s’ouvrant sur d’autres paysages ?

Quelqu’un meurt, et c’est comme un silence qui hurle.
Mais s’il nous aidait à entendre la fragile musique de la vie ?

 

 

MON AVIS : La mort d'un être cher, par essence, se passe de mots. C'est indicible. Il arrive néanmoins que ces derniers, aussi imparfaits soient-ils, puissent réconforter et soulager, comme ce très joli poème. Si se remettre de la mort de quelqu'un - en admettant que cela soit possible - dépend de nos convictions et valeurs spirituelles, l'expérience montre qu'il dépend aussi du sens que l'on donne - ou pas - à cette souffrance. La souffrance, a-t-elle effectivement un sens ? Si cette question fait l'objet d'une réflexion dans l'articament "Deuil/Pardon", il est important de penser, et ce, quelles que soient nos convictions, que la teneur du lien qui nous unit avec la personne disparue n'est pas rompu. Comme la célèbre métaphore du bateau qu'on ne voit plus au-delà de l'horizon (allégorisant ainsi la personne décédée qui existe toujours, d'une façon ou d'une autre, bien qu'on ne la voie plus), nous devons réaliser que l'invisibilité ne veut pas dire la même chose qu'irréalité ! A l'instar des "iris", reliés entre eux par un rhizome, ce long cordon ombilical souterrain, nous sommes nous aussi connectés de manière invisible à d'autres personnes. Il nous appartient d'ensemencer ce lien et de le voir comme un incessant va et vient nourri de cet amour mutuel qui a construit votre relation avec cette personne. Une personne devenue invisible mais toujours bien réelle...

Réflexions sur le risque

 

Rire, c'est risquer de paraître idiot.

Pleurer, c'est risquer de paraître sentimental.

Aller vers quelqu'un, c'est risquer de s'engager.

Exposer ses sentiments, c'est risquer d'exposer son moi profond.

Présenter ses idées, ses rêves à la foule, c'est risquer de les perdre.

Aimer, c'est risquer de ne pas être aimé en retour.

Vivre, c'est risquer de mourir.

Espérer, c'est risquer de désespérer.

Essayer, c'est risquer d'échouer.

 

Mais il faut prendre des risques, car le plus grand danger dans la vie,

c'est de ne rien risquer du tout.

Celui qui ne risque rien, ne fait rien, n'a rien, n'est rien.

 

Il peut éviter la souffrance et la tristesse,

mais il n'apprend rien, ne ressent rien, ne peut ni échanger,

ni se développer, ne peut ni aimer, ni vivre.

 

Enchaîner dans ses certitudes, il devient esclave,

il abandonne sa liberté.

Seuls ceux qui risquent sont libres.

Auteur inconnu

 

MON AVIS : Comme disait Mark Twain dans cette citation déjà évoquée plus haut : « Dans vingt ans, tu seras plus déçu par les choses que tu n’as pas faites plutôt que par celles que tu as faites. Alors jette-toi à l’eau. Quitte ta zone de confort. Navigue sur les courants qui te portent. Explore. Rêve. Découvre. »

 

 

Le fer à cheval quantique

Le physicien Werner Heisenberg racontait que le célèbre Niels Bohr, figure centrale de l'école de Copenhague et grand apôtre de la physique quantique, connaissait à Tisvilde, près de sa maison de campagne, un homme qui avait accroché un fer à cheval au-dessus de sa porte. Quelqu'un lui demanda :

- Es-tu un homme superstitieux ? Crois-tu vraiment que ce fer à cheval va te porter bonheur ?

- Bien sûr que non, répondit l'homme. Mais il parait que ça marche, même si on n'y croit pas.

 

Source : Contes philosophiques du monde entier: le cercle des menteurs, volume  2, Jean-Claude CARRIERE

 

MON AVIS : Cette histoire me rappelle une anecdote que j'ai personnellement vécue. Un jour, alors que j'étais en tant que bénévole au centre de soins palliatifs d'un hôpital, il m'a été donné l'occasion d'accompagner deux personnes, chacune dans deux chambres différentes, de même morphologie, à peu près du même âge, et souffrant du même mal. L'une était une sommité nationale dans son domaine, se plaisant à répéter qu'elle ne croyait en rien... l'autre était perçue comme naïve, croyant à des concepts ésotériques un peu fumeux. Six mois plus tard, le deuxième était en pleine rémission... tandis que l'autre était mort.

 

La morale n°1 ? L'idée, bien entendu, n'est pas de vous faire croire que la science ne vaut rien et qu'elle peut être supplantée par n'importe quelle théorie plus ou moins farfelue. Absolument pas. Elle est là pour vous rappeler qu'une bêtise aidante peut vous être parfois plus profitable qu'une croyance limitante. Cette idée m'a d'abord rendu fou. Quoi ? Ce ne serait donc pas les personnes les plus intelligentes les mieux préparées à vivre et à connaître le bonheur ? De toute évidence, non. Les mieux préparées seraient celles (comme l'histoire sur l'autre page avec le rat et la lumière), qui ont au plus profond d'elles, chevillées au coeur, le sentiment d'espoir. Profane ou divin, petit génie ou gentil simplet, seul l'espoir - et notre capacité à en donner - nous donnerait avant tout ce supplément d'âme qui peut nous faire défaut. Je le sais, à la lecture de cet article, certains sceptiques me diront qu'il vaut sans doute mieux être dans une triste réalité décevante plutôt que de s'emmurer dans un bonheur illusoire. Intellectuellement, le débat est fascinant... mais je ne suis pas sûr que la veuve de la première personne de mon histoire ait vraiment envie de l'écouter...

 

La morale n°2 ? Ayez à coeur de vous lancer dans des occupations, professionnelles ou non, touchant aussi bien votre coeur que votre esprit. Puissent ces occupations vous nourrir d'espoir et vous faire croire en des lendemains plus sûrs. A quoi bon, effectivement, faire quelque chose de très intelligent si ce quelque chose ne rend pas les gens meilleurs ?

 

Il n’y a pas d’échec, seulement des expériences…


Voici une histoire courte, très courte même. Si courte que j’ai hésité à l’utiliser, mais il me semble qu’elle mérite un commentaire pour vous faire reconsidérer ce que l'on appelle "échec".

Vous le savez certainement tous, Thomas Edison est, entre autre, l’inventeur de l’ampoule à incandescence. En 1879, cette invention était réellement révolutionnaire.

Elle allait remplacer définitivement les lampes au gaz et au pétrole, qui étaient odorantes et dangereuses.
Quand Thomas Edison présenta son invention, les journalistes se bousculèrent pour l’interviewer.

Lors de l’une de ces interviews, un journaliste lui dit à peu près ceci : « Vous avez fait preuve d’une rare détermination pour avoir persévéré malgré plus de 10 000 échecs ! »


Et voici ce que répondit Thomas Edison : « Je n’ai pas échoué. J’ai simplement trouvé 10 000 solutions qui ne fonctionnent pas. »

 

MON AVIS : dans une société où l'on nous pousse constamment à nous comparer à l'autre en faisant sans arrêt des classements, une faute ou une erreur est forcément considérée comme un échec. Pourtant, comme le disaient les Shadoks : "Ce n'est qu'en essayant continuellement que l'on finit par réussir. En d'autres termes... plus ça rate et plus on a de chances que ça marche!"  L'erreur, en soit, n'est donc pas négative... mais elle le sera si vous baissez les bras. A contrario, elle deviendra un bienfait si vous voulez progresser sans jamais cesser de vous remettre en question. Einstein avait coutume de dire : "Ce n'est pas en perfectionnant la bougie qu'on a inventé l'électricité". Peut-être, précisément,  vous trompez-vous parce que vous ne vous remettez pas assez en cause : plein de bonne volonté mais étouffé par de mauvais outils ! Aussi, comme Edison, si vous croyez en ce que vous faites tout en sachant vous adapter, les erreurs que vous commettrez seront à l'image de la manière dont vous avez appris à marcher ! Combien de fois, effectivement, êtes-vous tombé avant de savoir vous tenir parfaitement debout ? Avez-vous arrêté à la énième chute, dégoûté de vos insuccès répétés... ou bien avez-vous persévéré, porté par votre envie ?

 

Les gros cailloux

Un matin, un professeur engagé pour donner une formation sur la planification efficace de son temps à un groupe d'une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies dit : "Nous allons réaliser une expérience".
De dessous la table qui le séparait de ses élèves, le vieux prof sortit un immense pot Mason (pot de verre de plus de 4 litres) qu'il posa en face de lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux à peu près gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli jusqu'au bord et qu'il fut impossible d'y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda : "Est-ce que ce pot est plein ?".
Tous répondirent : "Oui".
Il attendit quelques secondes et ajouta : "Vraiment ?".
Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s'infiltrèrent entre les cailloux... jusqu'au fond du pot.
Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et redemanda : "Est-ce que ce pot est plein ?".
Cette fois, ses brillants élèves commençaient à comprendre son manège.
L'un d'eux répondit: "Probablement pas !".
"Bien !" répondit le vieux prof.
Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table un seau de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il demanda : "Est-ce que ce pot est plein ?".
Cette fois, sans hésiter et en chœur, les brillants élèves répondirent : "Non !".
"Bien !" répondit le vieux prof.
Et comme s'y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d'eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu'à ras bord. Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda : "Quelle grande vérité nous démontre cette expérience ?"
Pas fou, le plus audacieux des élèves, songeant au sujet de ce cours, répondit : "Cela démontre que même lorsque l'on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire".
"Non" répondit le vieux prof, ce n'est pas cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante : si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous, ensuite".
Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l'évidence de ces propos.
Le vieux prof leur dit alors : "Quels sont les gros cailloux dans votre vie ? … Votre santé ? Votre famille ? Vos ami(e)s ? Réaliser vos rêves ? Faire ce que vous aimez ? Apprendre ? Défendre une cause ? Vous relaxer? Prendre le temps... ? Ou... tout autre chose ?
Ce qu'il faut retenir, c'est l'importance de mettre ses gros cailloux en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir...sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n'aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments importants de sa vie. Alors, n'oubliez pas de vous poser à vous-même la question : "Quels sont les gros cailloux dans ma vie ?" Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot"
D'un geste amical de la main, le vieux professeur salua son auditoire et lentement quitta la salle.

 

Le pouvoir qui est en nous

Un Maître d'arts martiaux - un sage - s'apprête à passer le flambeau de la direction de son école à son meilleur étudiant. Le Maître prépare le test final. Il demande à son étudiant de déplacer un énorme bloc de granit d'un endroit à un autre avant le coucher du soleil. Il lui dit d'utiliser TOUS SES POUVOIRS pour accomplir cet exploit. L'étudiant essaye et essaye encore mais peut à peine remuer le bloc. Au moment où il va abandonner, le Maître ajoute :
"Utilise tous tes pouvoirs. As-tu pensé à utiliser un levier ?"
L'étudiant trouve une barre de fer et commence à bouger le rocher. Mais le temps passe et il se rend compte qu'il ne parviendra pas à son but avant le coucher du soleil. Désespéré, il s'assoit. Le Maître lui demande encore :

"As-tu utilisé tous tes pouvoirs ?"
L'étudiant avait les larmes aux yeux. "Oui, je suis au bout de mes forces, mes pensées sont confuses, et mon esprit vide. Je n'ai plus de pouvoirs".
"Oh non", lui répond son maître, "tu as plus de pouvoirs que cela !"
L'étudiant regarde son Maître, qui lui sourit, et l'interroge : "Où ?"
Le visage du Maître s'illumine et il pointe l'index vers sa poitrine.
"As-tu pensé à me demander mon aide ? Tu as ce pouvoir... Utilise tous tes pouvoirs."
"Peux-tu m'aider ?" demande l'étudiant.
"Oui", répond le Maître. Il prend un sifflet d'or dans sa tunique et siffle. Les autres étudiants, qui étaient cachés derrière la colline, arrivent pour l'aider. En peu de temps ils déplacent le rocher à l'endroit indiqué.

 

Les lamentations d'un diable

Il était une fois, un démon qui pleurait. Un saint homme l'aperçut et lui demanda :

- Quelle sorte de démon es-tu ? Depuis quand les démons pleurent-ils ? Et pourquoi ?

- Je suis un personnage d'autrefois, lui dit le démon. J'ai vécu, il y a quatre ou cinq siècles et mon cœur était plein de haine pour mon ennemi.

- Cet ennemi t'a-t-il vaincu ?

- Pas du tout. C'est moi qui l'ai tué. J'ai tué aussi ses fils, ses petits-fils et ses arrière-petits-fils ! Sans exception !

- Il ne te reste donc plus personne à tuer ?

- Plus personne.

- Alors, je répète ma question : pourquoi pleures-tu ?

- Je pleure parce que je voudrais qu'ils renaissent, pour que je puisse les tuer encore. Mais je n'ai pas la moindre idée de l'endroit où ils pourraient renaître. Ma haine brûle encore mais la lignée de mon ennemi n'existe plus. Je n'ai plus personne à tuer et je ne dévore que moi seul.

- Tu as donc conservé ta haine, mais contre toi-même ?

- Oui, et pendant cent millions d'années, je souffrirai de cette douleur. Estimes-tu que je n'ai aucune raison de pleurer ?

Le démon s'éloigna, secoué par les sanglots. Le saint homme voyait des flammes qui dansaient autour de sa tête.

 

MON AVIS : comme je le dis sur l'articament portant sur le deuil et le pardon, "la haine et la colère que vous portez est comme un cancer galopant qui vous ronge. Qu'est-ce qu'un cancer ? Un mal qui peut vous contaminer à cause de ce phénomène qu'est l'apoptose. Qu'est-ce que l'apoptose ? Une cellule qui refuse de mourir et qui prolifère. Depuis votre naissance, les cellules composant votre organisme accepte leur mort programmée. Comme l’écrivait Bernard Werber dans son encyclopédie du savoir relatif et absolu : « l’apparition des doigts chez les fœtus humain, [par exemple] est une apoptose. Au début de sa formation, la main ressemble à une nageoire plate semblable à celle d’un poisson ou d’un phoque. Puis les cellules se trouvant entre les doigts meurent, permettant de sculpter la main humaine. Le « suicide » de ces cellules est nécessaire à l’existence de la forme de la main. C’est la fin de notre phase « poisson ». De même, la disparition de la petite queue à l’arrière des fesses du fœtus suit un processus identique. […] Dans le monde végétal, l’apoptose se manifeste de même par la chute des feuilles de l’arbre en automne. Cela lui permet de se régénérer. Chaque année l’arbre fabrique des cellules qui serviront à son évolution mais qui devront disparaître pour que cette évolution se poursuivre. » L’écrivain Khalil Gibran, dans Le Prophète, utilise la même métaphore. Un arbre qui refuserait de lâcher ses fruits deviendrait un arbre qui, en figeant sa sève, finirait par mourir. Ainsi, refuser de libérer en nous ce qui doit être évacué peut nous tuer à petits feux. Si ces impressions vous parlent, l’articament « deuil/pardon » est fait pour vous !

 

 Une ruse célèbre

Pour des raisons qui ne nous ont pas été rapportées, ou plutôt qui varient selon les pays où cette histoire est racontée, un jeune homme, nommé Hassan, se trouva en mesure d'épouser la fille unique d'un sultan.

Il lui fallait pour cela - les deux hommes s'étaient mis d'accord sur ce point, afin de laisser une place au destin - choisir entre deux morceaux de papiers pliés. Sur l'un devait être écrit le mot "vie" - et dans ce cas, le mariage était conclu -,  sur l'autre papier le mot "mort" - et dans ce cas, le prétendant avait aussitôt la tête tranchée.

Malgré cet accord, que Hassan signa sans hésiter, le sultan se morfondait. Il se disait : il y a une chance sur deux pour que je perde ma fille et une partie de ma fortune, au profit d'un pauvre inconnu. Une chance sur deux. Le risque est grand, se disait le sultan. Et il pensait aussi, à d'autres moments : que me rapportera la mort de ce jeune homme ?

Il fit part de son inquiétude au grand vizir, un homme dépourvu de toute espèce de scrupules, et celui-ci lui conseilla, comme une chose très naturelle et même assez courante (selon lui), de faire inscrire le mot "mort" sur les deux papiers. Ainsi, tout danger disparaissait.

Le sultan se laissa facilement convaincre.

Par bonheur pour lui, Hassan était doué d'une intelligence assez vive. Il avait réfléchi à la proposition du sultan et prévu, en quelque sorte, le piège qu'on lui tendait. Quand le jour du choix arriva, il entra en souriant dans la salle où il était attendu par le sultan, le vizir, toute la Cour, et un bourreau armé d’un très large sabre, qui reposait sur un billot.

Hassan s’avança. Un serviteur lui présenta les deux morceaux de papier pliés. Il en saisit un, sans hésiter un instant, le roula entre ses doigts, l’introduisit dans sa bouche et l’avala.

- Qu’as-tu fait ? s’écria le sultan. Pourquoi as-tu mangé ce papier ?

- J’ai fait mon choix, répondit Hassan, et je l’ai avalé. Si tu veux savoir quel était mon destin, ouvre le second papier.

Le second papier, naturellement, portait le mot « mort ». On en déduisit que Hassan avait choisi et avalé la vie. Le sultan ne pouvait que la lui accorder, ainsi que la main de sa fille.

La ruse de Hassan est une astuce, parmi d’autres, que les hommes ont trouvée pour prendre le sort à son propre piège et pour placer coûte que coûte, l’intelligence au-dessus du hasard [ou du Destin].

 

Texte repris dans Le cercle des menteurs, de Jean-Claude Carrière

 

MON AVIS : ce conte est l’un de mes préférés car il est l’un des seuls, à ma connaissance, à souligner de manière très simple qu’il n’existe pas de fatalité. Quand nous n’arrivons pas à trouver de coupable, très souvent, nous préférons nous en remettre au Destin, accusant le hasard, Dieu ou je ne sais quelle force supérieure de tous les maux de la terre. Or, cette histoire nous montre que nous pouvons à tout instant nous désengluer de quelques mauvais fils invisibles et toxiques, alors que Hassan semblait en tout point condamné. Il ne m’appartient bien évidemment pas de vous dire si les forces supérieures existent (cela est l’affaire de vos convictions personnelles et intimes) mais je sais qu’il vous appartient de décider à chaque fois du sens ou de l’orientation que vous voulez donner à votre propre vie.