www.cochet-therapeute.com - Olivier Cochet - cabinet de thérapie et coaching scolaire dédié aux enfants/adolescents - articament©

                                                                                                             

Troubles physiologiques et sexuels

Introduction et problématiques : vers une approche globale.

 

Les troubles de la sexualité sont divers et nombreux. De nos jours, ils ont tendance à se manifester plus facilement de par l’hypersexualisation permanente qui règne dans la société contemporaine, où tout est montré, permis, pulsionnel… et où il est mal vu d’interdire, de limiter ou de contrôler. Aujourd’hui, pour bon nombre de jeunes, réussir sa vie, c’est forcément réussir sa sexualité. Rien que ça. Et comment leur en vouloir ? Ils sont sans cesse matraqués d’images, de pubs et de discours ne parlant que de ça ! Sur le papier, rien de nécessairement grave en soi. Le sexe peut être quelque chose de formidable… mais peut-on bien le vivre dès lors qu’on le surexpose à outrance ? Peut-on bien le penser dès lors, dans cette surexposition,  qu’on confond progressivement ce qui relève :

 

  • du public et de l’intime ?

  • de la norme et de la transgression ?

  • de la pratique et de la performance ?

  • du normal et du dégradant ?

  • d’une pratique normale à une pratique compulsive et obsédante ?

  • de la recherche du seul et unique plaisir et de la recherche de l’amour ?

 

L’omniprésence de la pornographie et la facilité d'accès en un simple clic sont des facteurs qui rajoutent encore au phénomène et à cette brouille naissant dans l’esprit des jeunes. Ces derniers, face à des tentations faciles et gratuites, cherchent parfois simplement à reproduire ce qu’ils voient dans ces films, sans trop se poser de questions. Mais, à l’image de ces jeunes femmes tombant dans l’anorexie, aidées par ces couvertures de magazine où l’on ne voit que des mannequins photoshopées, combien d’ados restent complètement perdus dans leur vie sexuelle et affective face à cette déferlante d’images et de pulsions ?

 

Bien évidemment, il ne s’agira pas ici de moraliser la sexualité ou de se faire le procureur de la pornographie (sur un strict plan psychologique, son addiction est finalement plus problématique que son existence même). Ne vous attendez pas à un discours passéiste (genre « De mon temps, c’était autre chose, c’était mieux avant, les jeunes d’aujourd’hui, c’est plus ce que c’était » etc.), culpabilisant et/ou donneur de leçons.

 

Cet articament, entendons-nous bien, n’a donc pas pour but de vous donner un avis définitif et tranché sur telle ou telle pratique/pensée/penchant (hormis celles/ceux qui sont proscrit(e)s par la loi). Je vous proposerai juste des questionnements vous amenant à mieux vous positionner dans votre quête et identité sexuelle, sans intentions moralisantes et surtout  sans tabou. Je vous livrerai aussi, dès que cela est possible, des propositions (artistiques ou non) pour vous aider à aller mieux, tout simplement, et à vous sentir heureux dans votre vie amoureuse et sexuelle.

 

En cabinet, les cas les plus fréquents que je rencontre sont les suivants :

 

  1. Troubles de l’activité sexuelle (hyperérotisme, hypersexualité)

  2. Troubles de l’acte sexuel (frigidité, impuissance)

  3. Anomalie du but sexuel (cybersexualité, sadomasochisme, voyeurisme)

  4. Vers un déplacement du sujet sexuel (masturbation compulsive, fétichisme, pédophilie)

  5. Difficulté à trouver sa sexualité (comme la difficulté d’assumer son homosexualité ou son couple par exemple)

 

Hors de ces sentiers bien balisés, je vous évoquerai également des cas plus transversaux en vous racontant des situations qui ne rentraient pas complètement dans l’une des catégories évoquées ci-dessus. Je pense, autre autres, aux problèmes de stérilité et tout ce qui concerne également la quête de l’amour (quitte à parler de sexe, autant parler un peu d’amour aussi, non ?).

 

  1. Troubles de l’activité sexuelle (hyperérotisme, hypersexualité)

 

A l’inverse de l’hypoérotisme (où la sexualité de la personne est complètement absente), l’hyperérotisme relève d’un comportement où  l’activité sexuelle tient, au contraire, une place excessive dans le comportement et les pensées du sujet. Pour ce dernier, tout semblerait bon pour se prouver à lui-même sa puissance sexuelle. Les fantasmes sont nombreux, pouvant ouvrir la porte à des anomalies, voire parfois à des perversions… mais n’allez pas croire que vous êtes malades si vous pensez souvent à cela ! Le plus important est bien évidemment de ne pas se fermer au monde réel et de ne pas vous réduire et laisser enfermé par vos simples pulsions. Cette attitude est parfois celle des gens vivant dans l’hypersexualité  (également appelée sexualité compulsive), ce comportement sexuel humain qui se traduit par une recherche continue et persistante du plaisir sexuel.

 

Points communs de ces comportements ? Une place démesurée (ou trop réduite) accordée au sexe, une obsession jusqu’au-boutiste amenant à l’isolement et à la déception (ce que l’on imagine est toujours plus idéal que notre réalité), une vision trop réduite de sa personnalité, une mauvaise estime de soi. (Voir l’articament consacré à ce sujet).

 

Pour pallier ces manques, il conviendra donc de reconnecter le patient à sa personne dans sa globalité, lui faire comprendre qu’il ne se réduit pas à ses pulsions et qu'il est, bien entendu, beaucoup plus que cela. On n’est finalement pas loin des problèmes d’addiction (voir articament consacré à ce sujet) et de ses solutions pour y remédier. La question, dans un premier temps, ne sera donc pas de renier, refouler ou interdire ce comportement… mais de trouver des alternatives apportant des plaisirs similaires.

C’est ainsi qu’un patient était venu me voir un jour pour régler ses problèmes compulsifs liés au sexe. Rien, selon lui, ne pouvait le rassasier dans son besoin sans fin de coucher avec des partenaires. Après une rapide et petite détermination d’objectifs, il ne nous a pas fallu bien longtemps pour comprendre ce que cette compulsion cachait comme manque. Mon patient, dans sa quête effrénée de trophées sexuels, recherchait l’admiration du regard de l’autre. Trop peu sûr de ses propres capacités, dans la crainte continue d’être manipulé ou escroqué, il avait trouvé dans sa vie sexuelle un moyen pratique de jouissance immédiate, tout en contrôlant ses sentiments profonds, sans rien attendre de ses aventures d’un soir… ce qui le rendait, de l’aveu même de ses quelques conquêtes s’étant attachées à lui, encore plus craquant !

 

Qu’a-t-on mis en place pour sortir de ce cercle vicieux (c’était le cas de le dire !) ?

 

En recherchant des plaisirs similaires, mon patient a concédé à la fin de la première séance que se remettre à la musique pourrait l’aider, surtout s’il se voyait en concert au milieu d’une foule en délire. De séance en séance, mon patient a compris l’importance de se donner en tant que musicien. Plus il donnait, plus il recevait de l'amour de la part de ses auditeurs. L’échange, au début si unilatéral, est devenu mutuel. En plus de trouver des joies et des plaisirs alternatifs, mon patient avait aussi revu et corrigé sa notion du partage. Son obsession sexuelle avait été divisée par trois.

 

Comment trouver le même cheminement ?

 

a) en tentant de se reconnecter avec soi-même. Il existe pour cela de puissants audiocaments (les  audiocaments,  ce sont des supports audio où des hypnothérapeutes, à base de méthodes tirées des techniques de l’hypnose ericksonienne, vous raconteront des histoires, agrémentées de musique, composées pour l’occasion) :

 

http://free-hypnosis-mp3.com/fr/telechargements/sante#contact1

 

b) en essayant de trouver en soi des richesses intérieures qui nous amèneront à trouver des joies similaires ou équivalentes. Ces richesses, ce peut être des valeurs, des croyances ou des idées. Ce peut être aussi des talents insoupçonnés que vous saurez trouver en lisant le livre suivant :

 
 
 
           Cliquez ici!

   2. Troubles de l’acte sexuel (frigidité, impuissance, éjaculation précoce)

 

L’impuissance psychique  (avec ses difficultés et/ou incapacité d’érection), l’éjaculation précoce ou retardée, la frigidité sexuelle (lorsque la femme n’éprouve ni le désir de l’acte sexuel et/ou ni la satisfaction), les troubles de l’acte sexuel peuvent véritablement empoisonner un couple.

Si les causes peuvent être physiologiques, elles peuvent être aussi en parallèle psychologiques. Sont généralement avancés :

  a) Les facteurs de stress (voir articament sur le stress et la confiance)

Dans le cadre de la vie sexuelle, il est souvent conseillé, parfois, de simplement revoir son souffle et sa manière de respirer. "Les techniques de respiration peuvent effectivement bien aider, souligne le Dr Michel Serre. Encore une fois, tout est question de contrôle. Si on maîtrise sa respiration, on maîtrisera mieux tous ses gestes." En outre, ces techniques de respiration permettent de se relaxer et de faire tomber le stress, accélérateur de l'éjaculation. Elles peuvent aussi être un accélérateur vers une pratique favorisant un meilleur rééquilibrage entre le corps et l’esprit, le conscient et l’inconscient. Cela peut être la sophrologie, le yoga, le théâtre etc.

  b) Le manque de confiance/une imagination trop bridée (voir articament problèmes d’imagination)

Difficilement dissociable du manque de confiance, une psychothérapie, une séance d’hypnose ou d’art-thérapie peuvent remédier à cela, pour peu qu’on accepte de trouver des solutions en activant à bon escient notre imaginaire.  Olivier Lockert, dans son livre Métaphores, évoque des cas très concrets de patients ayant subi les troubles de l’éjaculation précoce ou de la frigidité.

                Cliquez ici!

Croyez-moi ou pas, il m’a parfois suffi de simples métaphores thérapeutiques pour résoudre le conflit originel. Comme le disait Joseph Conrad : « C’est seulement dans l’imagination des hommes que chaque vérité trouve une existence réelle et indéniable. L’imagination, et non l’invention, est le maître suprême de l’art, comme de la vie ». Ayez donc foi en vos propres ressources intérieures, nourrissez-vous des histoires disponibles sur le site pour donner du matériau à votre imaginaire et allez voir un professionnel s’il le faut.

 

 c) Un traumatisme ancien vous bloquant toujours dans votre vie actuelle.

Il n’est effectivement pas rare qu’un moment traumatisant de votre vie ait pu altérer votre perception de la sexualité. N’hésitez pas à aller voir l’articament deuil/traumatisme consacré à ce sujet.

 

   3. Anomalie du but sexuel (cybersexualité, sadomasochisme, voyeurisme)

Comment détecter une anomalie ? Dans une société où il est mal vu d’interdire, où le simple mot « norme » peut être vu comme un gros mot, pas si simple de répondre à cette question ! Je me risquerai à la réponse suivante : une anomalie du but sexuel commence lorsque la notion de jouissance personnelle prend le pas sur l’échange, le plaisir de l'autre et l’amour. L’anomalie sexuelle, bien souvent, se confond là aussi avec une forme d’addiction (revoir articament consacré à ce sujet). Pour s’en défaire, le plaisir qu’elle procure doit être repensé et reconsidéré. Il doit surtout, dans un premier temps, être identifié, y compris dans ses aspects les plus sombres (culte de la jouissance, besoin de dominer pour compenser des aigreurs dans sa vie quotidienne, voir dans Internet - lieu des jouissances faciles -  un refuge là où il peut être une prison etc.). Comme le disait Jean Garneau, psychologue, dans son essai Comment vaincre la cyberdépendance ?  :

 

« Même lorsqu'on en fait un usage tout à fait compulsif, Internet n'est donc qu'un moyen. Il sert à nous procurer ce qu'on ne parvient pas à obtenir autrement. Il ne répond pas complètement au besoin, mais il le satisfait suffisamment pour demeurer attrayant. En même temps, il laisse un manque ; c'est celui-ci qui fait qu'on recommence sans cesse, dans l'espoir de mieux réussir à trouver la satisfaction. En fait, c'est l'inefficacité partielle de la compulsion qui la pousse à augmenter. »

 

En prenant, par ce biais, ce phénomène qu’est par exemple la porno-dépendance, il convient de réaliser qu’elle – et tous ses dérivés – est un leurre dans notre recherche vers le bonheur. Mais comment définir précisément ce phénomène pour celles et ceux qui souhaiteraient vraiment s’en débarrasser ?

 

 « La porno-dépendance est le fait, pour un amateur de pornographie, de ne plus pouvoir se passer de cette consommation. Celle-ci cesse donc d’être motivée par le seul plaisir ou par la curiosité, mais bien par une réelle forme de besoin physique ou psychologique », écrit l’auteur de « http://pornodependance.com », un site dédié au sujet.

 

Vous trouverez dans ce site des exemples (y compris des exemples artistiques et cinématographiques) pour sortir de votre obsession compulsive. Pensez également que selon Florent Badou (créateur, quant à lui, du site http://stopporn.fr/ ), c’est aussi en reprenant complètement contrôle de son corps que l’on parvient à mieux canaliser cette terrible addiction (en faisant du sport, en revoyant son alimentation et en se donnant la chance de vivre des rêves qui ennoblissent l’âme, le corps et l’esprit).

 

   4. Vers un déplacement du sujet sexuel (masturbation compulsive, fétichisme, pédophilie)

 

Gérard Bonnet, psychanalyste, affirme : « on est dans le champ de la perversion sexuelle quand la conduite dite déviante est compulsive, essentielle pour parvenir à la jouissance, et que toute la sexualité est organisée autour de ce comportement. Le pervers, lui, « se satisfait de cette particularité pour elle-même [...], et la considère comme un but ou une fin en soi ». Selon J. McDougall, plutôt qu’une sexualité diversifiée, les pervers rechercheront la quantité, la fréquence jusqu’à l’addiction pour se rassurer au niveau identitaire. Face à des patients souffrant de ces troubles, il conviendra donc de revoir ce rapport à la jouissance, de l’amener progressivement à l’importance de l’échange, du plaisir de donner pour mieux accepter celui de recevoir.

Pour ce qui relève, enfin, de la masturbation, il ne s’agit bien évidemment pas de la condamner… mais de s’interroger sur ce que cette dernière peut avoir chez certain(e)s de compulsif et isolant. Comment ne pas tomber dans ses travers ? Comment, comme j’ai pu le voir chez de nombreux patients, ne pas se perdre dans les méandres de la solitude et de la frustration perpétuelle ? Là encore, comme dans les propositions précédentes, il conviendra de repenser son rapport au plaisir, de trouver des plaisirs équivalents, construits sur des intentions plus généreuses et plus altruistes. C’est ce qui est arrivé à un de mes patients – que je nommerai Charles – venu me voir un jour pour régler ses problèmes de masturbation compulsive (très malheureux, il se masturbait 3 à 6 fois par jour). Croyant plus que jamais aux pouvoirs de l’imaginaire (cf. la citation de Conrad un peu plus haut), j’ai eu à cœur d’accompagner Charles dans son besoin de changer et d'évoluer. Je me dis que l’imaginaire est d’autant plus un bon outil dans ce cas que la personne se masturbant de manière compulsive sait aussi faire preuve d’une vraie imagination. C’est juste, d’après moi, qu’elle n’a pas appris à s’en servir pour s’ouvrir aux autres. Voici notre dialogue au milieu de la séance :

 

MOI : Selon vous, quels autres plaisirs existeraient-ils autour de vous pour compenser votre gestion compulsive de la masturbation ?

CHARLES (il réfléchit) : J’ai bien une idée…

MOI : Je vous écoute.

CHARLES : Non, c’est idiot !

MOI : Allez-y, je ne suis pas là pour vous juger !

CHARLES : Et bien… j’ai ma copine. Je pourrais essayer d’être plus souvent avec elle.

MOI : Et qu’est-ce qui vous en empêche ?

CHARLES : C’est dur à dire… je me masturbe régulièrement. Parfois, c’est devant du porno quand ma copine n’est pas là, une à deux à fois tous les deux jours environ. Parfois, c’est juste comme ça, quand j’ai le temps, pour décompresser ou quand je m’ennuie. Mais lorsque j’ai des relations sexuelles avec ma copine, le plaisir n’y est pas. Inconsciemment, j’aimerais que nos relations sexuelles se déroulent comme dans les films X… mais bien heureusement, ce n’est pas le cas. Ma copine voit bien que je n’ai pas autant de plaisir qu’elle en a pendant l’acte… et elle se sent frustrée car elle pense mal faire. Et expliquer à la personne qu’on aime qu’il est presque impossible de ressentir du plaisir avec elle est très compliqué…

MOI : Oui, ça doit être très compliqué… Pour vous l’amour, qu’est-ce que c’est Charles ? Si vous deviez m’en faire une image…

CHARLES : Une image de l’amour ?

MOI : Oui…

CHARLES : ce serait un cœur, flottant dans une mer sous la tempête…

MOI : Joli, poursuivez…

CHARLES : … et sur ce cœur flottant, on a les deux conjoints qui essayent de s’accrocher pour ne pas couler !

 
 

MOI : Pourquoi avez-vous peur de couler ? Vous savez nager, non ?

CHARLES : C’est vrai… je n'avais jamais vu les choses sous cet angle…

MOI : On plonge ?

CHARLES : Heu…

MOI : Fermez les yeux et ne vous posez pas trop de questions… on a plongé, ça y est ? (1)

CHARLES : Euh, oui, oui…

MOI : Qu’est-ce que vous voyez sous l’eau ? Des poissons ? (je regarde à cet instant son pendentif où figure un dauphin. Je l'hypnotise très légèrement.) Des dauphins ?

CHARLES : Oh oui, des dauphins… très bien. J’ai toujours rêvé de nager avec eux !

MOI : Ça ne m’étonne pas ! C’est l’un des seuls mammifères à passer son temps à jouer et à faire l’amour !

CHARLES : Ah bon ?

MOI : Mais c’est l’un des rares, aussi, à ne rester jamais seul ! Les dauphins, c’est un peu magique, sont toujours connectés entre eux. Ils auraient, si l’on scanne leur cerveau, un système « paralimbique », entre le système limbique (siège des émotions) et le cortex (siège des idées). Ce petit cerveau dans le cerveau leur confèrerait une manière absolument géniale et inédite de voir les choses. Effectivement, dès lors qu’il se passe quelque chose au sein de leur communauté, ce 3ème cerveau s’active et va aller puiser dans le cerveau des autres dauphins une solution globale pour le bien-être de tous, c’est fabuleux n’est-ce pas ? (2)

CHARLES (les yeux humides) : oui, je ne savais pas du tout…

MOI : L’énergie de ce dauphin, vous la sentez faiblement ou énormément ? (3)

CHARLES : Je la sens de plus en plus, c’est dingue…

MOI : Que vous dit-il ?

CHARLES : Il ne me dit rien. Il me transmet des émotions télépathiques ! (Il rit)

MOI : Qu’est-ce qu’il y a ?

CHARLES : Rien… il me raconte des blagues, c’est impressionnant, quel coquin dis-donc !

MOI : Ça doit être le même que j’ai rencontré. Moi, un jour, il m’avait raconté la blague des deux candidats de l’émission « Les chiffres et les lettres ». Voici le dialogue entre les deux candidats et le présentateur : « - Consonne, dit le 1er candidat : C, répond le présentateur ; - Voyelle : : - Voyelle : ; - Voyelle : ; - Consonne : ; - Consonne : ; - Voyelle : ; - Consonne : S. – Huit lettres dit le premier candidat. – Pas mieux, dit l’autre. – Lucioles, finit par répondre enfin le candidat ! » (4)

CHARLES : (riant toujours, les yeux fermés) : Pas mal effectivement !

MOI : Le dauphin est un excellent professeur qui nous permet de revoir les choses autrement, c’est sûr ! Un peu à l’image de ce vase que vous verrez tout à l’heure (5).

MOI : Le saviez-vous ? La plupart des enfants voient uniquement des dauphins dans cette image. En effet, les enfants qui ont une idée sur la sexualité peuvent distinguer un couple tandis que les enfants qui ne savent pas comment la reproduction ou les relations sexuées se déroulent ne voient que les dauphins. Ces illusions culturelles dépendent de la mémoire et du vécu des différents individus car certaines connaissances sont requises pour interpréter ce que l’on voit et lui donner un sens. Heureusement pour vous, le fait de vous remettre à rire aux blagues, comme l’enfant farceur que vous étiez, le fait d’avoir redonné les pleins pouvoirs à votre imaginaire, comme quand, petit, vous vous imaginiez dans la peau des personnages des contes que vous racontait votre maman… tout cela vous a aidé à réveiller l’enfant intérieur qui est en vous. Vous avez réussi, surtout, à revoir l’intérieur de vous-même autrement... en vous donnant la capacité de voir ce dauphin... là où un adulte ne l'aurait peut-être pas vu ! Votre dauphin, d'ailleurs, il est toujours là… ?

 

CHARLES : Oui, oui… il lève le nez vers le haut.

MOI : Pourquoi ?

CHARLES : Je ne sais pas… ah si… c’est peut-être pour… pour inciter télépathiquement ma copine qui est restée sur le cœur flottant à plonger avec moi ?

MOI : Vous la voyez déjà près de vous sous l’eau ou elle vient juste de plonger ? (6)

CHARLES : Non, elle est déjà là, avec moi. Je ne l’avais pas vue en fait.

MOI : Pourquoi ?

CHARLES : Je ne sais… peut-être que je ne fais pas assez confiance, tout simplement.

MOI : C’est possible…

 

Charles rouvre les yeux et sort de la transe hypnotique dans laquelle je l’avais très légèrement laissé plonger. Il pleurera bien dix minutes avant de partir. J’aurai des nouvelles de lui un mois plus tard : il avait fait un grand nettoyage dans sa vie. Il s’était mis au sport, au théâtre, avait avoué à sa copine son trouble et, selon ses propres termes, « s’était plongé à corps perdu » dans une formation au sein d’une association aidant les personnes, comme lui auparavant, souffrant de cyberpornographie.

 

    5. Difficulté à trouver sa sexualité (comme la difficulté d’assumer son homosexualité ou son couple par exemple)

 

Sur le papier (dans nos sociétés occidentales tout du moins), il est a priori beaucoup plus facile d’assumer sa sexualité aujourd’hui, qu’il ne l’était pour les générations précédentes. C’est bien évidemment sans compter le poids de l’héritage familial, des traditions du passé de nos sociétés, des éducations propres à chaque communauté…

 

Pourtant, à notre époque très sexualisée, où les notions de genres tendent à se brouiller, où le pouvoir des institutions (politiques, religieuses etc.) ne semble plus à même de donner des repères fixes et indéboulonnables,  il n’est pas toujours facile pour nos jeunes de se (re)trouver dans leur identité sexuelle.

 

En écrivant ces lignes, je pense à un jeune ado venu me voir un jour, officiellement pour une allergie. Officieusement, sitôt sa mère partie, il m'avouera que la vraie raison de sa visite était tout autre.  Avec une candeur désarmante, il me dira :

 

- Je suis prêt à me forcer à devenir hétéro car ça ferait tellement de la peine à mes parents de découvrir que leur fils unique est homo ! Alors je fais comment pour apprendre à aimer les filles ?

 

On le voit, ce cas – qui n’est malheureusement pas isolé – pose de multiples questions :

 

  • Comment travailler le regard de l’autre, ainsi que la pression sociale ? Comment s’en défaire, sans pour autant la négliger et sous-estimer le rôle qu’elle peut avoir dans ma vie (professionnelle, sentimentale etc.) ? (voir articament confiance en soi)

  • Comment, en tant que thérapeute,  ne pas outrepasser les fonctions parentales, ainsi que l’héritage donné par l’éducation, tout en pensant à ce qu’il y a de meilleur pour la personne (surtout si la personne est encore mineure) ?

  • Comment savoir ce qu’il y a de mieux pour soi ? On a coutume de dire qu’il faut généralement faire appel à son cœur pour savoir ce qu’il en est vraiment. Mais est-ce si simple ? Notre cœur, d’ailleurs, ne nous a-t-il jamais trompé ?

 

Quelle que soit la bonne réponse à donner, ce que l’on constate, dans toutes ces questions, c’est qu’elles font écho à des personnes qui ont été scindées en deux… à l’image de ce personnage gay du film comique In and out, réalisé par Franck Oz, qui tente de se prouver par tous les moyens qu’il peut être hétérosexuel !

 

L’extrait du film ci-dessus nous fait rire… mais combien de jeunes personnes, homosexuelles par exemple, tentent de se suicider chaque année pour ne pas vivre l’horrible pression que leur a fait subir (plus ou moins) malgré eux la société et leur entourage ? (7)  Ces personnes, un peu perdues face à toutes ces problématiques, n’arrivent donc pas à s’unifier. Comment le faire pour les y aider ? En allant chercher à l’intérieur de soi ce qui relève de notre identité la plus profonde, tout simplement. L’hypnose (pour partir à la recherche de cette identité perdue), l’art-thérapie (en allant créer une œuvre qui saura, avec le temps, dénouer quelques nœuds psychiques) et la P.N.L (en utilisant, entre autres, la pyramide des niveaux logiques de Robert Dilts pour aider le patient à se recentrer) seront autant d’outils qui pourront potentiellement vous aider à vous retrouver.

 

Cas transversaux et conclusions

 

Mais quel que soit le support que vous utiliserez (il en existe plein d’autres, cela va sans dire), il importe de ne pas réduire votre identité à une sexualité. Cette dernière est évidemment très importante dans la construction d’une personnalité mais, Dieu merci, vous n’êtes pas qu’un sexe ! En harmonisant votre sexualité et vos sentiments, en la reliant entre votre cœur et votre corps, votre conscient et votre inconscient, votre fougue et vos idéaux, vous trouverez un équilibre qui saura réconcilier votre bonheur personnel et votre envie d’en donner aux autres. Vous trouverez surtout plus facilement votre identité sexuelle en ne la réduisant pas à ce que pourrait être votre vie sexuelle. Ce point est très important. Je connais trop de jeunes, chevillés par leurs pulsions, qui multiplient les expériences sexuelles en espérant vainement qu’un corps à corps saura un jour les révéler à eux-mêmes... qu'ils soient d'ailleurs homosexuelles, hétérosexuelles ou d'une autre orientation. Mais comment espérer se retrouver quand on est prisonnier de ses hormones, incapable de ressentir ce que l’on veut vraiment ? Je ne dis pas cela pour bannir le sexe et le rétrograder à quelque chose de sale et vulgaire. Bien au contraire. Le sexe peut être une pratique absolument magique et magnifique… encore plus si l’on sait le relier à des dimensions plus vastes.

 

Je finirai, enfin, par les cas de ces patient(s) qui ne rentrent dans aucune des cases ci-dessus et qui ont pourtant souffert de troubles que l’on pourrait qualifier, à plusieurs égards, de « sexuels » (même si, comme on l’a vu, ce qui relève du sexe ne doit pas être emprisonné et réduit).

 

En écrivant cela, je pense à toutes ces personnes souffrant d’infertilité. Olivier Lockert, déjà évoqué plus haut, écrit dans son fameux livre Métaphores, l’existence de ces hypno-bébés, nés miraculeusement par l’accompagnement par hypnose qu’ont pu avoir les futurs parents.  « De nombreux cas de stérilité, écrit-il, sont ainsi résolus, si facilement que l’on en vient à se demander pourquoi cette Thérapie symbolique n’est pas plus utilisée – et pas seulement des cas de stérilité psychologique. Prenez l’exemple de cette femme dont les trompes étaient atrophiées (et l’une d’elles, bouchée) par une maladie au nom barbare. La médecine lui avait annoncé sa stérilité définitive et incurable alors qu’elle n’avait pas vingt ans. De plus, elle souffrait, atrocement à chaque fois qu’elle avait ses règles… pourtant, elle est tombée quand même enceinte, à la surprise générale. »

 

Enfin, sachez-le, l’infertilité n’est pas le seul trouble physiologique et/ou sexuel que peuvent accompagner toutes ces thérapies donnant les pleins pouvoirs aux mots, à la motivation et à l’imaginaire. Enurésie, anorgasmie… et bien d’autres troubles encore peuvent être compris… alors ne perdez pas espoir !

 

Voilà.  J’espère que cet article aura répondu à certaines de vos questions. N’oubliez pas de vous protéger, de respecter la loi, de ne pas vous jeter à corps perdu (c’est le cas de le dire !) dans des aventures qui vous égareront ou vous aviliront. Votre corps est un temple dans lequel siège votre âme. Respectez-le et apprenez à l’aimer.

 

N'oubliez pas non plus que cet articament est un outil, cette prescription artistique ne saurait remplacer une prescription médicale ou psychologique. Son objectif est de vous accompagner et de vous aider à trouver le thérapeute qui vous convient.

 

 

1) Remarquez mon emploi au passé composé pour induire au patient l’idée que le changement a déjà eu lieu. Là où un hypnothérapeute néophyte aurait demandé : « voulez-vous plonger ou pas ? », il risquait de recevoir comme seule et unique réponse un « non » qui aurait bloqué toute possibilité de transformation.

2) Anecdote véridique que j’ai tirée du merveilleux livre Le 5ème rêve de Patrice van Eersel.

3) Là encore, ma question – qui n’en est pas vraiment une -  est induite et forcée. Elle crée ce que l’on appelle en mentalisme « l’illusion d’un choix ». Pourquoi ? Car quoi que choisisse le patient - relisez bien ma formulation - il accepte dans ma question la possibilité de changer par les ondes que lui envoie le dauphin. Là encore, un hypnothérapeute débutant aurait pu simplement demander : « Sentez-vous les bonnes ondes que vous envoie le dauphin ou pas ? ». Le problème, c’est qu’en posant la question de la sorte, le patient, apeuré à l’idée d’évoluer, aurait pu tout simplement répondre « non ». Certains trouveront dans ces procédés une manipulation grossière. Peut-être. Il s’agit surtout, selon moi, d’une manipulation thérapeutique. Pour aider quelqu’un, dès fois, il faut effectivement contourner de vieux processus obsolètes que seuls des détours inconscients pourront parasiter une bonne fois pour toutes !

4) Blague que je suis allé puiser dans le livre « Métaphores » d’Olivier Lockert, cité à maintes reprises dans cet article et sur ce site. Blague d’autant plus efficace que son message inconscient pourrait être de voir la beauté (les lucioles) derrière la sexualité crasse derrière laquelle on peut s’enliser.

5) http://slideplayer.fr/slide/1135978/

6) Même remarque que le point n°3 !

7) « Il faut savoir qu’en France, chaque année, 30% des homosexuel-le-s de moins de 25 ans tenteraient de se suicider, d’après un rapport rendu au Sénat en 2013. En se référant au vieux rapport Kinsey (1948 et 1953) qui mesurait le pourcentage d’homosexuel-le-s dans la population générale (soit 10%) et le décompte de la population française d’après l’Insee en 2013 (soit 30,6% sur 65 542 916 Français qui revient à 20 056 132 jeunes de moins de vingt-cinq ans), ce sont donc potentiellement 601 683 jeunes homosexuel-le-s qui sont chaque année candidat-e-s à la mort. Combien de temps allons-nous encore laisser cette épidémie toucher une partie de la jeunesse de France sans réagir? Combien de jeunes homosexuel-le-s va-t-il falloir trouver en contrebas d’un pont pour que les pouvoirs publics agissent contre cette hémorragie dans la population? »

http://www.liberation.fr/societe/2014/07/03/en-finir-avec-le-suicide-chez-les-jeunes-homosexuel-le-s_1056519