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Violences/Solitude/Exclusion

L’exclusion et les différentes formes de violences (physiques, psychologiques ou morales) peuvent malheureusement être le quotidien d’enfants/adolescents qu’un groupe ou une personne a pris en « tête de turc », comme cela est parfois dit vulgairement. Comment s’en sortir ?

 

Explications

 

La difficulté, bien évidemment, est de comprendre la teneur du lien qui vous relie à votre « bourreau ». Dans bien des cas, la personne, en s’attachant ou en s’identifiant à son agresseur, ne réalise pas forcément son statut de victime (cf. la manière dont on a été éduqué dans son univers scolaire et/ou familial). Combien de fois ai-je effectivement eu des patients ayant subi une forme de violence, incapables de comprendre qu’ils étaient devenus des souffre-douleur ?

 

Pourquoi un tel déni ?

 

  • Parce que la personne a honte (elle n’ose pas/plus se livrer tant ce qui lui arrive est dégradant et, par conséquent, difficile à assumer). Elle oublie que l'amour des gens qui tiennent à elle est plus fort que tout.

  • Parce que la personne s’est trop identifiée à son agresseur, donnant à celui-ci une image idéale et sublimée (ce qui arrive notamment avec les pervers narcissiques).

  • Parce que la personne, à force d’avoir été formatée et manipulée, ne réalise même plus ce qui relève de la violence et de la non-violence. L’image qu’elle a de cette dernière a tellement été altérée qu’elle est devenue invisible. (c’est le cas notamment de ces personnes baignant dès le plus jeune âge dans une forme de violence qui a été acceptée et/ou normalisée. C’est ainsi, par exemple, que d’anciens enfants battus peuvent se marier, plus tard, avec des personnes violentes, répétant à leur insu un schéma dont ils n’arrivent pas à s’extraire.)

 

 

Des solutions

 

Entendons-nous bien, si vous faites partie de ces gens qui ne supportent plus de subir, ayez conscience de deux choses :

  1. Le problème ne vient pas de vous… mais bel et bien de votre agresseur/bourreau. Car à moins que vous ne représentiez un danger très fort (1), personne n’a le droit de vous violenter, pour aucune raison que ce soit (raciales, sociales, politiques, religieuses, scolaires etc.). Des textes de lois sont d’ailleurs là pour vous protéger. (2) Mais malgré la présence de ces textes, j’ai malheureusement  connu des « bourreaux » tellement pervers qu’ils étaient capables de faire croire à leur bouc-émissaire que ces derniers avaient bien cherché ce qui était en train de leur arriver !

  2. Pour sortir de ce cercle infernal, vous avez des solutions :

  • Appeler le 119, consultez ce site http://www.allo119.gouv.fr/ et/ou allez voir un adulte fiable, responsable et professionnel (s’il peut être les trois, c’est parfait !) afin que vous puissiez vous confier. Dans tous les cas, vous n’êtes pas seul.

  • Demandez-vous, si votre cas n’est a priori pas trop lourd ou trop grave, ce que votre personne, malgré vous, a pu inspirer pour qu’un bourreau potentiel ait eu envie de vous piéger. Se poser cette question ne signifie en rien que vous êtes responsable, elle vous amène seulement à mieux réfléchir sur ce que vous véhiculez, sans même le savoir, chez un esprit malsain. Cette prise de conscience pourra éventuellement vous aider à sortir des griffes de votre "bourreau".

 

Gardons-nous, cela va sans dire, de toute généralité. Les bourreaux, les manipulateurs, les pervers narcissiques aiment :

 

  • Des personnes ayant vécu un deuil (voir l’articament consacré à ce sujet), une dépression (autre articament consacré à ce sujet) ou manquant de confiance en elles (il existe là aussi un articament sur cette même thématique) car ces personnes ont à la base de leur structure interne la même faille que leur futur bourreau en devenir : une estime de soi faible et instable, comme cela peut nous arriver quand nous traversons dans la vie des moments difficiles. Les pervers narcissiques, eux, ont remédié à cela en construisant autour d’eux des protections extrêmement puissantes qu’ils sont condamnés à garder fermement.  Pour eux, aucune remise en question n’est possible, sous peine de se sentir se disloquer dans ce vide intérieur sidéral. A l’inverse, les victimes de ces gens vont tenter de pallier leur manque de confiance et d’estime d’elles-mêmes par la recherche d’un protecteur ou d’un père. Elles croiront ainsi trouver un apaisement en projetant dans le manipulateur pervers une image idéale. Ce dernier, tel un prédateur, s’appropriera instinctivement ce pouvoir fraichement donné et s’en nourrira jusqu’à rendre la future victime complètement dépendante de sa présence. (3)

  • Des personnes fragiles ou, a contrario, trop sûres d’elles-mêmes. Le manipulateur/futur bourreau peut tout à fait avoir l’air d’un petit moineau pour mieux flatter, dans un premier temps, le besoin qu’a l’autre de rassurer ou de protéger. Une fois pris dans l’engrenage, la prison mentale que tissera le bourreau (en vous culpabilisant savamment et en vous titillant là où ça fait mal) sera telle qu’elle fera l’effet d’une drogue : douce en apparence, violente dans les rapports de dépendance que vous nourrirez à travers elle. (voir articament sur l'addiction)

  • Des personnes incarnant une différence suffisamment forte pour qu’elle mette à mal un groupe/un individu, peu au fait de la diversité (cette différence peut être physique, intellectuelle, raciale etc.). On dit souvent, par exemple, qu’un homosexuel refoulé peut inconsciemment détester une personne qui aurait des allures efféminées, un amoureux éconduit peut être d’une violence inouïe face à la personne qui l’a rejetée en critiquant une de ces particularités physiques, un dernier de la classe peut insulter un enfant qui réussit brillamment parce que celui-ci a osé exploiter une intelligence qu’il n’osait pas assumer… La liste peut être très longue ! Aussi, en subissant les attaques d’un groupe ou d’un individu, ayez en tête que vous n’êtes pas le problème, vous êtes juste le miroir grossissant d’une particularité que votre bourreau/agresseur ne parvient pas à assumer. Qu’est-ce que cela change pour vous ? Beaucoup de choses ! En sachant, intérieurement, que le mal ne vient pas de vous, il vous sera plus facile de vous reconstruire et de retrouver, dans d’autres lieux et/ou avec d’autres personnes, une image de vous-même plus valorisante.

 

Dans tous les cas, dites-vous qu’une exclusion/forme de violence se prolonge tant que le bourreau/manipulateur parvient à se nourrir de vos failles. Parlez/écrivez à un adulte responsable, oser aller en parler à un thérapeute efficace, donnez-vous les moyens de canaliser ces failles… et ce que vous subissez devrait cesser. Vous commencerez, en tous les cas, à trouver des solutions.

 

 

Solutions artistiques

 

Et l’art dans tout ça ?

 

De longue date, les œuvres d’art ont posé la question du pouvoir sur les enfants. Pierre Desproges, un grand humoriste, évoquait déjà dans l’un de ses écrits les injustices que les enfants pouvaient subir par la faute d’un monde qui ne sait parfois plus voir et protéger les plus démunis.

 

« Minute de réflexion : Prend ta tête à deux mains, mon cousin. Réfléchissons : Quel pouvoir humain est plus absolu que le pouvoir des parents sur les enfants ?

Avant de fouetter ses serfs ou de décréter un couvre-feu arbitraire, le dictateur le plus méchamment obtus, le tyranneau le plus définitivement cruel, s'entoure au moins de l'avis d'une poignée de conseillers qui peuvent éventuellement infléchir ses outrances. Hitler lui-même n'envahissait pratiquement jamais L'Autriche-Hongrie sans avoir préalablement consulté son berger allemand.

 Mais qui contrôle le pouvoir des parents ?

N'est-il point tout à fait consternant de constater, en ce monde entièrement bâti sur la répression depuis l'affaire de la Golden maudite au paradis terrestre, que n'importe quel adulte, sous prétexte qu'il a, le plus souvent par hasard, pondu un rejeton, n'est-il point stupéfiant, m'insurgé-je, de constater que le susdit adulte a le droit absolu de triturer impunément la personnalité d'un enfant sans encourir la moindre punition de la société ?

Injuriez un pandore, volez une pomme ou traversez la vie en dehors des passages protégés définis par la loi et vous risquez la prison. Mais, sous votre toit, vous ne risquez nulle répression. Abrutissez votre gosse à coup d'idées reçues, détruisez-le à vie en le persuadant que la masturbation rend sourd ou que les juifs sont des voleurs, faites-en un futur con tranquille en lui enseignant que les femmes sont des hommes inférieurs, inoculez-lui sans répit votre petite haine rabougrie pour la musique arabe, la cuisine chinoise ou la mode sénégalaise, dégoûtez-le à vie de Brahms ou du rock new-wave, crétinisez-le sans retour en le forçant à faire des maths s'il veut être musicien, parce que vous auriez voulu être ingénieur.

N'ayons pas peur des mots : c'est contraire à l'esprit de la Déclaration des Droits de l'Homme. »

Pierre Desproges

 

Le cinéma, lui aussi, a pris à bras le corps ces questions, notamment dans ces deux très beaux films très éclairants :

Mais quelle que soit la forme de violence et/ou d’exclusion que vous avez vécue ou êtes en train de vivre, je vous encourage, sur le site, à aller voir les citations et images inspirantes, ainsi que les petits textes consacrés à l’amour et à l’amour-propre.

 

Car à force d’avoir subi les violences de quelqu’un, il faudra vous assurer que vos propres perceptions de l’amour n’aient pas été altérées (Pour méditer sur cette thématique, vous avez les histoires, citations et images inspirantes sur ce même site).

 

Si, dans bien des cas, le bourreau/pervers/manipulateur s’est nourri de la faible estime que vous aviez envers vous-même (ainsi que de vos failles et/ou de vos points faibles, ceux-là mêmes qui font souffrir), pensez qu’il vous faudra très certainement changer de milieu pour trouver des gens qui sauront voir, eux, ce que vous comportez de richesses et de beautés.

 

Connaissez-vous, à ce titre, l’expérience du célèbre violoniste Joshua Bell ?

 

Le 12 janvier 2007, le célèbre violoniste Joshua Bell a participé à une expérience menée par The Washington Post à une heure de pointe le matin, dans le hall d'une station de métro à Washington. Cet événement a été organisé par le journal dans le cadre d'une expérience de psychologie comportementale sur la perception, les goûts et les priorités.

Joshua Bell a ainsi joué trois quarts d'heure et a pu récolter 32 dollars (pour un total de sept personnes seulement qui se sont arrêtées un instant pour l'écouter jouer, et sans compter les 20 dollars laissés par l'unique personne l'ayant reconnu).

 

Le point-clé de cette expérience apparut lorsqu'il eut fini de jouer. En effet, il n'y eut aucune réaction, aucun applaudissement. Une seule personne l'avait reconnu. Personne ne savait que ce violoniste était célèbre et qu'il venait de jouer sur un Stradivarius célèbre de 1713, le Gibson ex-Huberman, acheté par le violoniste quelques années auparavant 3,5 millions de dollars, ni que deux jours auparavant, il avait joué au théâtre de Boston à guichet fermé pour des spectateurs qui avaient payé leur place jusqu'à 100 dollars.

La conclusion du journaliste revient à se demander : « Dans un environnement ordinaire, à une heure inappropriée, sommes-nous capables de percevoir la beauté, de nous arrêter pour l'apprécier, de reconnaître le talent dans un contexte inattendu ? » Cette expérience et surtout l'article qui fut publié valurent à son auteur, le journaliste Gene Weingarten, un Prix Pulitzer en 2008.

Cette jolie expérience devrait rassurer celles et ceux qui manquent de confiance en eux. Vous rendez-vous compte ? L'un des plus grands violonistes de sa génération se fait l'équivalent de l'homme invisible dans le métro avec son violon, là où le soir-même il sera bissé et applaudi dans une salle de concert en délire ! La question vaut également pour vous. Vous avez subi des moqueries, des violences… mais vous êtes-vous créé le bon entourage, les bons lieux, les bons moments  pour que l'on puisse voir votre beauté ? Vous êtes-vous donné le mal nécessaire pour rencontrer les bonnes personnes qui sauront faire fructifier vos talents ? Par cette expérience, ayez donc toujours en tête que vous méritez le meilleur… même si les lieux et des gens que vous croisez ne le voient pas ! Pensez que le véritable amour ne demande rien en retour et qu’il existe des lois et des professionnels pour vous écouter et vous protéger.

 

Voilà. N'oubliez pas que cet articament est un outil, cette prescription artistique ne saurait remplacer une prescription médicale ou psychologique. Son objectif est de vous accompagner et de vous aider à trouver le thérapeute qui vous convient.  Pour un meilleur suivi, n’hésitez pas à consulter la page « confiance en soi », «deuil et pardon», «dépression», les citations et images inspirantes, les astuces pour mieux miner les mauvaises croyances,  ainsi que les techniques pour mieux aller chercher vos ressources intérieures (« les bienfaits de l’imagination »).

 

Je vous souhaite bonne chance !

 

 

  1. Quand bien même vous seriez un danger, ce serait bel et bien à une personne assermentée, représentant la loi, de vous mettre à l’écart !

  2. Pour en savoir plus sur vos protections et vos droits, allez voir les sites suivants :

  3. http://www.jeunesviolencesecoute.fr/dossiers/harcelement-au-lycee-que-dit-loi

       http://www.enfantbleu.org/?utm_source=google&utm_medium=cpc&utm_term=violenceenfant&utm_campaign=Violence%20Enfant

 

        Pour en savoir plus :

 

        http://www.soutien-psy-en-ligne.fr/blog/pervers-narcissique-et-victime/